Si les démons entrent

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Description

Effectif : 2 flûtes, cor anglais, 2 clarinettes, basson, cor en fa, trompette, trombone, 2 percussions (xylophones, claves, crotales), orchestre à cordes, 2 chefs.
Création : Le 28.01.2014, par l'Ensemble 21 & l'Ensemble Sturm und Klang, aux Halles de Schaerbeek, Bruxelles.
Source : Commande de l’ensemble 21, de l’ensemble Sturm und Klang et de l’OCIB (orchestre à cordes interbruxellois) dans le cadre du concert du réseau NEW:AUD
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On sait tous plus ou moins ce que « se rendre au concert » signifie : assis pendant deux petites heures, on tentera de se concentrer sur ce qui se passe devant nous, on se laissera peut-être émouvoir, ou bien on se perdra dans nos pensées jusqu'à se rappeler qu'il faut absolument acheter des pommes de terre sur le chemin du retour pour le dîner de demain soir.

Cette définition ne vous plaît pas ? A moi non plus ! Un concert me laisse toujours perplexe, et se poursuit dans des discussions à bâtons rompus, les yeux noyés dans la bière chaude, ou simplement dans un sourire à un inconnu sur le chemin qui mène au métro.

C'est en pensant à tous ces moments que j'ai écrit « Si les démons entrent, ... », et en tentant d'initier sur ma partition les mouvements qui en sont à l'origine. On écoute de la musique, certes, on n'en reste pas moins écouté par le monde ! Comment alors activer entre les musiciens l'envie d'écouter son voisin, mais aussi la peur d'être entendu par un autre ? Pourraient-ils ressentir cela tous agglutinés sur une scène, ou une plus grande distance entre eux ne rendrait-elle pas plus intenses ces liens invisibles ? Quels musiciens placer sur la scène, quels autres en dehors de la salle ? Derrière les portes que l'on vient à l'instant de franchir, on les entend pourtant à peine de l'intérieur. Comment les faire réagir les uns par rapport aux autres, et comment te contaminer, chère auditrice, cher auditeur, du trouble qui les anime ?

Cette pièce est dédié à Tobie Nathan, l' « initiateur de vitalité » sans les réflexions duquel ce projet n'aurait pas été possible.

En savoir plus

Pour en savoir plus sur le concert, suivez ce lien.

Pour écouter l'interview réalisée dans le cadre cette création par Anne Mattheeuws, lors de l'émission Big Bang sur Musiq'3 le 20.01.2014, suivre ce lien.

Médias

Description de la spatialisation

A, B, et C

Les cuivres, les vents et les percussions se trouvent à l'extérieur, l'orchestre à cordes (OCIB) réagit de l'intérieur à leurs interventions

Les cuivres, les vents et les percussions se trouvent en-dehors de la salle, invisible au public et audible de loin. Ils sont dirigés par le premier chef.

Les cordes quant à elles se trouvent dans la salle. Elles sont divisées en trois groupes : les hameçons, les gros et petits poissons.

Le chef des cordes (le pêcheur) réagit à ce qu'il entend venant de l'extérieur. A chaque note dans sa partie muette écrite (correspondant à un accord forte de groupe de l'extérieur), il doit faire jouer l'orchestre. Les hameçons réagissent au chef, les gros poissons aux hameçons (c'est eux qui mangent le plus, c'est pour cela qu'ils sont gros), et les petits poissons au gros poissons. La chaîne temporelle des réactions se déroule donc de la manière suivante :

Cuivres et vents à l'extérieur -> chef (pêcheur) -> hameçons -> gros poissons -> petits poissons

Il y a deux types de réactions possibles :
- soit les hampes des notes sont vers le haut et se confondent avec le trait pointillé : réagir le plus rapidement possible.
- soit les elles sont vers le bas et un peu après le trait pointillé : réagir de plus en plus tard par rapport au chef ou au groupe précédent.

D

A partir de la partie D, le chef doit non seulement indiquer les changements pour l'orchestre, mais aussi donner un tempo, selon sa perception de celui-qui vient de l’extérieur.

Le « rond point » indiqué dans la partition des musiciens signifient qu'ils doivent répéter la formule jusqu’au bout du gros traits noirs. L'idée est de commencer sa formule juste au moment au son voisin de pupitre la termine, et réciproquement. Le tempo de la formule est toujours donné par le chef, et peut être changeant.

E

Les musiciens de l’orchestre à cordes sont invités pupitre par pupitre à quitter la salle, et à s'installer derrière toutes les portes que les auditeurs auront pu franchir pour rentrer dans la salle. Invisible au public, mais audible de près. Cinq soli (quintette à cordes) restent dans la salle.

Les flûtes et clarinettes font de même, les cuivres, percussions & la deuxième chef rentrent s'installent sur les terrasses en haut du public à la fin de E.

F

Jeu de ping-pong entre [les soli (intérieurs)] + [l'orchestre à cordes + flûtes, clarinette (extérieur mais proche)]

Les cordes solis sont donc restées dans la salle et l’orchestre à cordes, flûtes et clarinettes les encerclent à l'extérieur.

Ici la pulsation qui était alors interne aux musiciens dans la partie D se fait externe : chaque silence doit être rempli par un note venant de l'extérieur. Il ne faut donc rythmiquement pas jouer ce qui est écrit, mais, croche par croche, chercher son premier temps chez les voisins.

G

Dialogue entre [« en bas » (orchestre à cordes, soli + flûtes et clarinettes) + [« en haut » (cuivres et percussions)]

Ce jeu de va-et-vient entre les cordes à l'intérieur et à l'extérieur de la salle est interrompu par les cuivres et les percussions, arrivés en haut, sur les terrasses en haut du public. Les deux groupes se renvoient alors des interventions, le silence dans la salle ou l'acoustique dirigeant les entrées. Le groupe d'en haut est dirigé, les soli (toujours dans la salle) et l'orchestre à cordes (à l'extérieur) sont quant à eux tout à fait indépendant, chacun réagissant pour lui-même.

Galerie








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